Clement Joe Simonnet et ses mirages d’acrylique & de béton à la Galerie Yoshii

Clement Joe Simmonet et ses Mirages à la Galerie Yoshii

Loin des océans de sable du Sahara, c’est sur les murs immaculés d’une galerie parisienne que ces Mirages d’un nouveau type nous font halluciner. Pour sa quatrième exposition monographique, Clement Joe Simonnet dévoile ses compositions brumeuses d’acrylique et de béton à la galerie Yoshii, du 3 au 29 avril 2017. « Si je peins depuis mon plus jeune âge, c’est à la suite d’un accident de ski à mes 16 ans que j’ai voulu m’y consacrer », explique l’artiste franco-anglais autodidacte de 24 ans. « Je me suis cassé la colonne vertébrale. Dans l’impossibilité de pouvoir bouger pendant les six mois de ma convalescence, j’ai eu le temps de réfléchir à ce que je voudrais vraiment faire si ne pouvais plus jamais marcher. J’ai tout de suite pensé à la peinture. Comme un rêve de jeunesse qui ressurgit. »

Paysage d’un état d’âme

De retour sur pied, Clement termine des études de stylisme dans une école de mode londonienne pour mieux s’adonner à la peinture ensuite. « Au début de mon travail, les teintes étaient très segmentées. Avec le temps, les frontières se sont diffusées jusqu’à laisser libre cours aux couleurs ». Une manière d’apporter à son œuvre la liberté qu’il a toujours désirée dans sa vie : « Tous mes tableaux s’appellent Mirage pour évoquer une imagination en totale indépendance, aussi bien de mon côté que de celui de l’observateur. » Comme dans un désert où le phénomène optique du mirage reste unique dans l’esprit de chacun, les œuvres de Clement Joe Simonnet se livrent à toutes les interprétations. « Une fois, quelqu’un a même vu un ours polaire, une autre personne un éléphant blanc sur un tableau différent » se remémore-t-il. Le genre d’animaux qu’on ne risque pas de croiser dans son atelier, en Normandie.

Là-bas, il travaille des toiles enduites posées à plats sur une table basse, à coups de béton armé posé à la truelle et de peinture acrylique appliquée au rouleau et au pinceau. « Chaque tableau forme une rencontre entre deux opposés, des matières masculines contre des féminines. » La série de Mirages compte une cinquantaine de toiles qui possèdent toutes comme point commun une ligne d’horizon, celle d’un monde imaginaire et intérieur, paysage d’un état d’âme. Des pigments argentés et dorés aident également l’artiste à diluer et mélanger les couleurs de façon brumeuse, ainsi qu’à jouer avec la lumière. « Mes tableaux vivent très différemment selon l’éclairage. J’aime en particulier la façon dont ils apparaissent le soir et le matin ».

Espoirs de ciment

Sur les murs vierges de la galerie Yoshii, les cadres de Clement changent de teintes et d’humeur en fonction des heures. Au gré de la luminosité, ils ne dévoilent jamais tout à fait le même visage. En perpétuelle métamorphose, ces Mirages aux contours flous évoquent à la fois des paysages d’Impressionistes et l’expressionisme abstrait. Le jeune peintre, lui, les définit plutôt comme une expérience du concret : « C’est l’imperceptible rendu réel. Après tout, un mirage survient pour apporter de l’espoir à la réalité. Je tente de rendre palpable des sentiments intangibles, tels que l’amour, le manque, l’absence, ou la félicité. » L’artiste franco-britannique s’applique donc à donner chair à l’évanescent à travers l’acrylique et le ciment. « Concrete » signifie justement béton en anglais, autre langue natale de Clement Joe Simonnet, avec le français et la couleur.

Exposition « Mirages » de Clement Joe Simmonet du 3 au 29 avril 2017 à la Galerie Yoshii (8 avenue de Matignon, 75008 Paris).

Anthony Vincent



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *